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ALWAYS THE SUN

ALWAYS THE SUN...
Philippe PERRIN

Philippe Perrin 1986/2010 : catalogue déraisonné
Préface de Jean-Luc Monterrosso
Textes de Nicolas Bourriaud, Jacques Vergès, Rudy Ricciotti, Fanny Gayon,  Adeline von Furstenberg

ISBN, 978-2-84761-874-7
144 pages
bilingue français/anglais
30 X 24,5 cm
29 €

Cet important catalogue retrace l'œuvre de cet artiste provocateur de 1986 à 2010. Maître de l'art comportemental, il ne cesse de jouer avec les signes et les codes de la violence, exposant des couteaux à cran d'arrêt de 3m de haut, des coups de poing américains monstrueux, des mitraillettes gigantesques, des couronnes d'épines plus grandes que des piscines. Outre les photographies, les objets et les installations, Philippe Perrin se mets en scène régulièrement dans des scènes d'une violence totalement débridée d'un romantisme noir sans concession. "Perrin, dandy postmoderne à l’humour corrosif et au lyrisme explicite, démiurge mystico-trash au sourire de faussaire façonnant un univers pétri à la sueur du ring, au sang des idoles du grand banditisme, à la légende noire et dorée du rock’n’roll, aux relents nauséabonds d’un monde qui n’en finit plus de se saccager lui-même. Perrin, alchimiste sulfureux des tautologies exténuées où s’épuise notre société. Perrin, manipulateur hors pair du cynisme ambiant,  contrefacteur irrévérencieux d’images cultes, potache hédoniste et décomplexé se mettant en scène façon délinquant de l’art contemporain, hybride improbable mi-Scarface, mi-James Dean, mis aux arrêts par Nicolas Bourriaud et un collectionneur. Perrin, contrebandier de la pulsation sociale, trafiquant "d’hyper-objets" pour la liturgie de notre désormais hyperréalité, nourrie à la confusion du réel et du virtuel ; flingues et menottes géants corroborant en toute désinvolture les hypothèses chères à Baudrillard sur la perte du signe  dans un monde qui n’est même plus en crise, mais juste en proie à un irréversible processus catastrophique, à un gigantesque dérèglement de toutes les règles. Dans un monde où tout, vérité, travail, culture, information, sexe, langage, mémoire, événement historique, oeuvre d’art, autrui..., se voit frappé par le principe d’incertitude engendré par la dérive exponentielle du signe et la perte du sens, où le moindre concept se délaie jusqu’à l’absurde, noyé sous le prodigieux vertige des analogies, la facticité et les simulacres, à grand renfort de super, d’hyper, de cyber, de toute une artillerie sophistiquée de prothèses sémantiques.

Fanny Gayon